17/08/2011

Entre 1972 et 1993 quelle est la place de 1988

i.

NET PRESS

 

Spécial « 23ème anniversaire  des massacres de Ntega et Marangara ».

 

Une fête de l’Assomption marquée par les larmes et le sang.

 

Bujumbura, le 15 août 2011 (Net Press). Faut-il parler de simples massacres, de révolte ou de génocide pour qualifier ce qui se passa lors de l’Assomption sanglante du 15 août 1988 ? Toujours est-il que ce jour-là, la machine meurtrière s’abattit sur des familles entières au Nord du pays, et plus précisément celles de la commune Ntega en province Kirundo et de Marangara en province Ngozi.

 

Comme chaque fois dans pareilles circonstances, les deux principales composantes de la Nation burundaise se rejettent la responsabilité, les uns cherchant à grossir le nombre de victimes dans leur camp tout en minimisant et même en justifiant les pertes du camp d’en face. C’est de cette manbière que les uns et les autres virent ce qui se passa en 1965 et en 1969 et surtout lors des « événements » de 1972, tout comme 11 ans plus tard après l’assassinat de Melchior Ndadaye.

 

Pour revenir sur la crise de Ntega et Marangara, l’intervention tardive et timide – aux yeux d’une partie de l’opinion – de l’armée contribuera à limiter les dégâts humains qui s’annonçaient massifs. Alors, qui a tué qui ? Au sein de la communauté tutsi, on reste convaincu jusqu’à ce jour que c’est une horde de génocidaires hutu en provenance du Rwanda appuyés par ceux de l’ex-Zaïre qui déferlèrent sur les deux communes susmentionnées afin de liquider leurs compatriotes n’appartenant pas à leur ethnie. Au sein de la communauté hutu en revanche, on est tout aussi persuadé dur comme fer, que c’est l’armée « monoethnique tutsi » de Pierre Buyoya qui a décidé de réprimer les membres de leur ethnie pour les réduire au silence, parce que « trop » revendicatifs pour l’avènement d’une réelle démocratie.

 

Pendant ce temps, où était le président ?

 

Le 15 août 1988, le successeur de Jean-Baptiste Bagaza depuis moins d’un an se trouvait en visite de travail au Congo-Brazzaville, sur invitation de son homologue Denis Sassou Nguesso. Informé d’urgence des massacres qui venaient de s’abattre sur le Nord du pays, le commandant en chef des forces armées et de sécurité ne jugea pas opportun de rentrer au pays tout de suite, afin de ne pas manquer à un « grand » rendez-vous à Brazzaville très important à ses yeux, celui de déposer une gerbe de fleurs sur la tombe de Marien Ngouabi, le prédécesseur de Sassou Nguesso, assassiné en juillet 1977.

 

Le major fut longtemps critiqué pour cette mauvaise appréciation des événements, mais ses inconditionnels le défendent en affirmant que dès l’annonce des massacres personne ne pouvait s’imaginer un seul instant qu’ils allaient avoir l’ampleur qu’ils ont eu dans la suite.

 

Réponse de Buyoya à la crise : Le pardon et la réconciliation.

 

Qu’aurait fait Jean-Baptiste Bagaza face aux massacres de 1988 ? En tout cas pas du tout ce que fit son successeur, répondent en choeur les admirateurs du fondateur de la IIème République. Dans leur esprit, soit les insurgés de 1988 n’auraient pas franchi le rubicon pour massacrer leurs « frères »  Tutsi, parce qu’ils se sentaient suffisamment heureux, - ce qui au passage a toujours été contesté par de nombreux milieux -, soit ils les auraient réduit au silence par une intervention rapide et musclée avant que le nombre des victimes n’atteigne celui d’il y a 23 ans.

 

Mais le major avait une toute autre vision du règlement de la crise : le pardon et la réconciliation. Il choisit en effet de pardonner les massacreurs et leurs commanditaires, non seulement en ne les faisant pas traduire devant les instances judiciaires, ce qui était le minimum aux yeux de certains, mais en leur construisant des maisons alors qu’ils avaient détruit ou brûlé celles des autres.

 

Cette politique de la main tendue sera accompagnée de la désignation d’un premier ministre hutu, Adrien Sibomana, et de l’association au gouvernement d’un plus grand nombre des personnalités de l’ethnie majoritaire, bien au-delà des deux ou trois ministres sous Micombero et Bagaza que l’on qualifiait ironiquement de « Hutu  de service » ou de « Hutu de faire-valoir »  parce qu’ils détenaient des portes-feuilles de seconde zone, tel que la jeunesse et les sports ainsi que les affaires sociales. Et lorsque, cinq ans plus tard, les électeurs hutu seront invités à dire « merci » au major dans les urnes, ils le feront de la manière que l’on sait, en l’envoyant à la retraite anticipée.

 

Cinq ans « seulement » pour s’émouvoir des morts de Ntega et Marangara.

 

1988-1993 fut la seule période où l’on évoqua les massacres de Ntega et Marangara, les uns pour condamner ceux qui les déclenchèrent, les autres pour dénoncer la répression de l’armée et le major Buyoya enfin pour associer les Hutu au pouvoir et enclencher le processus de la politique d’unité nationale qui devait culminer avec le vote massif en faveur de la charte du 5 février 1991.

 

Cependant, après l’assassinat de Melchior Ndadaye le 21 octobre 1993, les massacres qui suivirent atteignirent un tel degré d’horreur que ceux qui avaient eu lieu cinq ans auparavant furent perçus comme « un petit détail de l’histoire » pour reprendre la formule choquante de Jean-Marie Le Pen évoquant l’holocauste des Juifs, ou une séance de réchauffement pour emprunter le langage des préparateurs physiques des joueurs de football.

 

Depuis lors, seuls les morts de 1972 et ceux de 1993 sont évoqués pour émouvoir les Hutu et les Tutsi dans une sorte d’équilibre de la terreur, 1993 ayant été la « réponse » de 1972. Quant aux disparus de Ntega et Marangara, ils sont rangés dans un tiroir de l’histoire, au même titre que ceux de 1965 et dans une moindre mesure ceux de 1969, les seuls à avoir eu « la chance » de bénéficier d’un semblant de justice.

 

L’hebdomadaire « Jeune Afrique » et la crise politico-ethnique de 1988.

 

Dans le numéro de l’hebdomadaire « Jeune Afrique » paru juste après les massacres de Ntega et Marangara, le journaliste Hamza Kaïdi qui, avec Sennen Andriamirado, étaient les deux à couvrir régulièrement l’actualité burundaise, évoqua la crise d’août 1988, en la réduisant à une lettre  ouverte que les intellectuels hutu venaient d’adresser au major Pierre Buyoya, en ayant même l’audace de lui donner un ultimatum pour qu’il leur ait donné la réponse.

 

Cette lettre fut intégralement reproduite dans le magazine de Béchir Ben Yahmed, mais sans qu’il se sente obligé d’accorder la même place et le même sentiment de compassion aux familles qui avaient été endeuillées au début des massacres. Mais les signataires de la lettre furent surpris de ne pas subir les foudres auxquelles ils se seraient attendus sous un Micombero ou sous un Bagaza, et certains même parmi eux furent rappelés de la cachette où ils se trouvaient terrés afin qu’ils fassent partie des institutions «  démocrahutisantes » pour imiter certains milieux tutsi très en colère de voir la manière dont l’ancien président traita la crise de Ntega et Marangara.

 

Et lorsque Béchir Ben Yahmed visitera le Burundi pour la première fois en juillet 1989, d’autres Tutsi s’en prirent à son magazine, fulminant contre la vision subjective de « Jeune Afrique » lorsqu’il abordait l’actualité de leur pays. C’était les réfugiés rwandais installés dans notre pays, qui ne comprenaient pas du tout que depuis son lancement en octobre 1960, ce magazine n’avait jamais consacré une seule ligne à ces réfugiés, condamnés pour toujours par le régime Habyalimana à ne jamais revoir leur pays natal, même le temps d’un week-end.

 

Un an plus tard, Fred Rwigyema ouvrait les hostilités à Byumba au Nord du Rwanda et moins de quatre ans plus tard, Paul Kagame marchait triomphalement sur Kigali et depuis 17 ans, « Jeune Afrique » consacre régulièrement sa « Une » au pays de Paul Kagame et surtout au génocide des Tutsi qui fit entre 800.000 et un million de victimes.

23:19 Écrit par victor ntacorigira dans Actualités, commémorations, Rapport, Témoignages | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

15/08/2011

La nuit de ton combat sera lumière de midi

Ntacorigira Victor

Par cette chanson  d'action de grâce au cours de la  messe du 13 août 2011,
Nous voudrions remercier les Burundais et les amis du Burundi qui ont participé à la célébration Eucharistique du 13 août 2011 pour la commémoration du  23ème anniversaire de Ntega et Maragara

A Bruxelles

Ta nuit sera lumière de midi  -  G 212

 

1 - Si tu dénoues les liens de servitude

Si tu libères ton frère enchaîné

La nuit de ton chemin sera lumière de midi

La nuit de ton chemin sera lumière de midi

Alors, de tes mains, pourra naître une source,

La source qui fait vivre la terre de demain

La source qui fait vivre la terre de Dieu.

 

2 - Si tu partages le pain que Dieu te donne,

Avec celui qui est ta propre chair,

La nuit de ton amour sera lumière de midi

La nuit de ton amour sera lumière de midi

Alors, de ton cœur, pourra sourdre une eau vive

L'eau vive qui abreuve la terre de demain

L'eau vive qui abreuve la terre de Dieu.

 

3 - Si tu détruis ce qui opprime l'homme

Si tu relèves ton frère humilié

La nuit de ton combat sera lumière de midi

La nuit de ton combat sera lumière de midi

Alors, de ton pas, pourra naître une danse

La danse qui invente la terre de demain

La danse qui invente la terre de Dieu.

 

4 – Si tu dénonces le mal qui brise l'homme

Si tu soutiens ton frère abandonné,

La nuit de ton appel sera lumière de midi

La nuit de ton appel sera lumière de midi.

Alors, de tes yeux pourra luire une étoile,

L'étoile qui annonce la terre de demain,

L'étoile qui annonce la terre de Dieu.

 

5 – Si tu abats les murs entre les hommes

Si tu pardonnes à ton frère ennemi

La nuit de ta passion sera lumière de midi

La nuit de ta passion sera lumière de midi

Alors de ton pain pourra vivre une Eglise,

L'Eglise qui rassemble la terre de demain

L'Eglise qui rassemble la terre de Dieu.

 

 

http://honorernosheros.skynetblogs.be

http://www.ntega-marangara.populus.ch

 

23:55 Écrit par victor ntacorigira dans Actualités, commémorations, Victor Ntacorigira | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

09/08/2011

Maintenant,la situation dépasse la limite du tolérable

Lettre ouverte au Président de la République du 22 août 1988

Excellence Monsieur le Président,

Nous venons porter à votre connaissance la prise de position des hutu sur les événements qui sont en train de se dérouler au Burundi depuis le début du mois d’août. Nous nous attacherons ici de relever les contradictions que masque l’information officielle, légitimant ce que nous croyons être un nouveau « Plan Simbananiye » (génocide 1972). Certains d’entre nous avaient bien voulu l’exprimer samedi au cours des réunions du Parti ; mais comme les interventions étaient manifestement programmées à l’avance dans l’intention de consacrer l’attitude extrémiste tutsi dirigée en faveur d’un plan d’extermination qui transparaissait si clairement dans les idées et surtout dans la note finale dans toutes les localités de la capitale, nous nous trouvons dans l’obligation de résumer notre réaction à travers cette lettre ouverte, et nous osons espérer que vous y réserverez une bonne suite. Nous savons d’avance que ceci peut susciter des conséquences, puisque votre entourage risque d’y voir une justification des répressions que nous sentons venir : la Radio vient de l’annoncer par des termes révélateurs comme « ceux entendus depuis dimanche, trahissant le principe même de la transparence que le régime évoque et que le gouvernement vient de réaffirmer alors que des hutu sont déjà massacrés sans procès.

Avant d’entrer dans le vif de la question, nous demandons déjà à la Communauté internationale, en particulier, les missions diplomatiques accréditées à Bujumbura, de suivre de près la situation. Nous tendons la main aux pays voisins, à l’O.U.A., aux organismes du système des Nations Unies, à la Communauté internationale ainsi qu’aux différents organismes humanitaires... de suivre l’évolution des événements et d’intervenir si besoin pour éviter un massacre qui n’est plus caché.

Excellence Monsieur le Président,

Point n’est besoin de détailler le caractère préoccupant de la situation socio-économique difficile qui produit ce triste résultat. Les inégalités et les injustices sociales sont d’une réalité qui semble être cautionnée par le pouvoir en place dans le pays, en dépit des contestations incessantes des esprits progressistes et des promesses du discours politique. Il apparaît bien que les positions acquises depuis plus de vingt ans par la classe dirigeante doivent être sauvegardées, et tous les moyens sont devenus bons à cette fin. Le pouvoir reste régional, clanique et surtout tribal. Or, malheureusement, le Burundi, petit et pauvre, rend difficile le partage du gâteau qui s’amenuise de jour en jour ; cela n’est même plus possible à l’intérieur du groupe des dirigeants au pouvoir fussent-ils d’une même ethnie ou d’une même région. Lorsque cette contradiction, aujourd’hui matérialisée par l’enlisement des dossiers des anciens dignitaires du régime Bagaza coupables de crimes de haute trahison ou de détournements, entraîne une guerre froide entre l’ethnie dirigeante, il se trouve toujours un moyen de chercher les raisons ailleurs et de désigner des cibles. Comme en 1972, après le procès surprise des hommes de Muramvya, la communauté hutu devient « l’ennemi de la Nation » ; il faut la décapiter pour rétablir le dialogue tutsi menacé d’éclatement.

Le discours officiel se trouve, cependant, vite contredit par les faits.

1. Dans les événements de Marangara et Ntega, on parle de réfugiés hutu qui auraient entraîné d’autres à l’intérieur du pays de prendre des machettes et des lances pour massacrer les tutsi. Mais cela fait maintenant plus d’une semaine qu’on connaît les coupables, mais on n’a pas encore dit qui ils sont, comment ils s’appellent, d’où ils sont venus, les noms de ceux qui les aident, etc ; alors qu’on annonce l’ouverture prochaine des procès dans la transparence, on apprend en même temps l’exécution sommaire des intellectuels hutu et on couvre la nouvelle de beaucoup de secret alors que le mensonge surgit à la face du monde. Qui sera par exemple capable de montrer devant les barres Côme Bibonimana, ancien député, et depuis longtemps poursuivi pour avoir dénoncé les statistiques tribales du ministère de l’Éducation et qui vient d’être exécuté avec beaucoup d’autres ?

2. On a vite conclu à une rébellion paysanne inspirée par des intellectuels hutu, or d’après des informations convergeants, les événements qui ont commencé à Marangara au milieu de la première semaine du mois ont une grande explication qu’on n’a jamais dite à travers l’information diffusée par le pouvoir. On signale en effet la présence des militaires du 4e bataillon de Ngozi en manoeuvres dans la localité sans avoir prévenu la population, erreur qui a été notée par les paysans lors d’une « campagne de pacification » et qui a été reconnue par un chef militaire qui a parlé d’un ordre recu « du haut ». Cela se passait plus de dix jours avant le début des massacres. L’histoire dira comment les événements ont dégénérer en conflits sanglants, se déplaçant de Marangara à Ntega pour finalement gagner les communes environnantes. L’information officielle le cache, mais il est sûr que l’avenir le démontrera.

3. Officiellement, on apprend depuis mercredi que le calme est revenu et que la situation est maitrisée, mais le gouvernement instaure en même temps un couvre-feu sur tout le territoire national en priant la population de ne croire qu’à l’information de la Radio nationale. Et quand la presse internationale le dément, on reconnait qu’il y a encore quelques affrontements ! Oui, l’armée a provoqué des tensions ; oui, la même armée a amené la répression dans les campagnes. Des camions ont évacué les familles tutsi de la région vers Ngozi pour les sécuriser, pendant que des blindés, appuyés par des hélicoptères s’attaquaient aux hutu. Les survivants sont parvenus à fuir vers le Rwanda, et il est curieux d’entendre que des hutus exterminent les Tutsis et se comptent en même temps en grand nombre parmi les réfugiés !

4. Comment expliquer que les militaires aient refusé d’intervenir au début desdits massacres alors que leur premier devoir est d’arrêter rapidement tout danger en empêchant toute progression ? Il a fallu attendre quelques jours après pour faire croire à la paix alors que les engins militaires se mettaient à l’action. Cette abstention nous semble être une légitimation de l’agression pour rééditer la répression de 1972. Un montage donc ? Encore une fois, l’histoire le dira. élèves et les étudiants tutsi ont participé à une campagne d’intimidation au niveau national. Les coupables sont connus. Les dossiers sont là. Mais, paradoxalement, ce sont les hutus, forcés de quitter les écoles, sous la menace des couteaux comme ce fut le cas à l’École Technique Secondaire d’Art de Kamenge et des fusils à l’Université. De la même façon, le hutu va faire le drame des massacres actuels. Pourtant, quelques éléments tutsi progressistes et modérés ont souligné dans les réunions du Parti que le problème fondamental du Burundi actuel était essentiellement d’ordre politique et fondé sur les inégalités sociales ; ils ont attiré l’attention du public que la classe dirigeant pourrait être plus responsable que d’autres dans cette affaire.

Excellence Monsieur le Président,

Nous aimons la paix. Contrairement à ce que l’aile extrêmiste tutsi pourrait vous faire croire, seul moyen de maintenir sa place dans l’arène du pouvoir, en perpétrant un génocide nul hutu sensé ne rêve d’exterminer les Tutsis. Bien au contraire ! D’autant qu’il existe d’ailleurs des Tutsis prêts à construire le pays avec les hutus, l’obstacle étant l’absence de dialogue. Maintenant, la situation dépasse la limite du tolérable.

C’est pourquoi, Excellence Monsieur le Président, si vous visez l’objectif d’une paix durable au Burundi, nous vous proposons les quelques solutions suivantes : 1. Suspendre les massacres et les arrestations arbitraires des hutu, 2. Désigner avant la fin de cette semaine une Commission nationale multi-ethnique et représentative chargée d’analyser sans complaisance les mesures structurelles qui s’imposent pour éviter le pire. Nous recommandons qu’on y adjoigne des observateurs extérieurs pour garantir la neutralité de la commission. 3. Voir dans quelle mesure les hutu peuvent être associés à la Défense et à la_ Direction politique de leur patrie. Veuillez agréer, Excellence Monsieur le Président, l’assurance de notre considération très distinguée.

LES SIGNATAIRES

Habonimana Aloys

Sunzu Salvator

Ntabona Venant

Bampigiza Lin

Ndayakire Térence

Ndabashika Benoît

Ngendakumana Patrice

Nziya Zacharie

Niyonzima Alexandre

Busabusa R

Masabo Joseph Martin

Nsanze Augustin

Nsabimana Audace

Ntarataze Daphrose

Vyungimana Fréderic

Ndikumana Léonce

Birabisha Didace

Nyandwi Emmanuel

Hakizimana Déo

Nibogora Oscar

Mbonabuca Térence

Nyabenda Louis

Bahati Constantin

Ndaruhitse Jérôme

Katiyunguruza Gervais

Nshimirimana Pasteur

Ntimbirantije Abel