17/04/2012

Les Burundais du Canada commémore le génocide de 1972

 

La communauté burundaise du Canada commémore le génocide de 1972

 

 

 

 

@rib News, 16/04/2012

 

1972-2012

IL YA 40 ANS, LES HUTUS DU BURUNDI SUBISSAIENT UN GÉNOCIDE. LE 28 AVRIL PROCHAIN, LES SURVIVANTS SE SOUVIENNENT

Montréal, le 16 avril 2012 - La communauté burundaise du Canada commémore, le 28 avril prochain à Montréal, le 40ème anniversaire du génocide commis par l’État du Burundi, alors dominé par la minorité tutsie, contre la majorité hutue. Ce génocide, inconnu et méconnu, a eu des conséquences politiques, socio-économiques et psychologiques qui continuent à marquer profondément le Burundi et l’ensemble de la région des Grands Lacs.

Les cérémonies commenceront à 10h par une messe de requiem, en l’Église de la paroisse St-Joseph-de-Bordeaux (1650, rue Viel) dans le quartier Cartieville. Suivra, de 11h15 à 12h15, une marche manifestation, qui partira de l’école La Dauversière (angle Acadie et Victor Doré) et se terminera autour du monument de la réparation, dans le parc Marcellin Wilson (angle Henri Bourassa/Acadie).

Constamment désigné par le terme «les événements», le génocide de 1972 a commencé par une révolte, menée dans le sud du pays, et rapidement matée par le gouvernement en place à l’époque. La répression, commencée dans cette région, s’étendit alors à l’ensemble du pays : fonctionnaires, universitaires, commerçants, élèves des écoles (jusqu’à l’école primaire), membres du clergé catholique et protestant, employés domestiques, la tuerie n’épargnera personne. Le pays connut une saignée de 10% de sa population (300 000 morts) sur un effectif global de 3 millions d’habitants. À côté de ces victimes, des milliers d’autres burundais prirent le chemin de l’exil dans les pays voisins pour échapper à la folie meurtrière.

Une indifférence inexplicable de la communauté internationale a entouré la commission de ce génocide, même si tout le monde était au courant. L’Organisation de l’unité africaine (OUA) et l’Organisation des Nations Unies, n’ont pas porté secours aux victimes. Dans les capitales occidentales, à l’exception notable de la Belgique, qui a condamné publiquement le génocide, arrêté sa coopération militaire et réduit son aide publique au développement, personne n’est intervenu pour arrêter la machine à tuer. Malgré le mémorandum adressé au président Richard Nixon par son secrétaire d’État, Henry Kissinger, demandant une intervention diplomatique des États-Unis. Malgré les demandes adressées par les Canadiens témoins de ce crime des crimes au premier ministre canadien de l’époque, Pierre Elliot Trudeau. Malgré les voix qui, notamment à travers le journal montréalais Le Devoir, demandèrent des secours aux victimes, la tragédie continua.

Les conséquences de ce génocide sont inestimables. Les spoliations qui ont accompagné l’exécution des victimes ont condamné des générations entières à la misère ; l’exclusion sur une base ethnique, érigée en système, a conduit à une guerre meurtrière de plus de 10 ans, dont le pays peine à solder les comptes ; les séquelles psychologiques continuent à marquer de leur empreinte la vie des individus et la vie politique nationale. L’économie du Burundi en a durablement souffert, ayant perdu une grande partie des ressources humaines qui auraient pu contribuer à la prospérité nationale. Enfin les fosses communes, disséminées un peu partout dans le pays, hantent encore la mémoire des Burundais, qui peinent à se dire la vérité sur ces années terribles, afin de jeter les bases d’une réconciliation authentique.

La commémoration du 28 avril se veut donc aussi comme un appel, adressé aux autorités de la République du Burundi, pour une reconnaissance institutionnelle de ce génocide. À la veille du début des travaux de la Commission Vérité et Réconciliation et 40 ans après les faits, la disparition progressive des témoins de ce crime, dont de nombreux religieux et coopérants canadiens, souligne l’urgence de cette démarche.

Contact :

Jean-Claude Manirakiza

Tél. (514) Téléphone : 514- 425-0356

Courriel : mjclaude46@yahoo.com

15:26 Écrit par victor ntacorigira dans commémorations, Invitation | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

13/04/2012

commémoration à Bruxelles du 40 ème anniversaire du génocide de 1972

Commémoration à Bruxelles du 40è anniversaire du génocide de 1972 au Burundi Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Diaspora

@rib News, 12/04/2012

 INVITATION

BURUNDI

40ème Anniversaire du génocide de 1972

Bien chers compatriotes, Bien chers amis du Burundi,

A l’occasion du 40ème anniversaire du génocide de 1972, des Burundais de Belgique vous invitent, une nouvelle fois, à venir nombreux commémorer ce triste anniversaire. La commémoration se déroulera comme suit : 

Date : 28 Avril 2012

Lieu :           Auberge de Jeunesse Jacques Brel

Salle Delvaux

Rue de la Sablonnière, 30

1000 Bruxelles

Programme :

9h30 -10h : Accueil

Marie-Louise Sibazuri10h-10h30 : Marie-Louise Sibazuri

Le calvaire des femmes burundaises du aux génocides et crimes ethnico-politiques qui endeuillent notre peuple

10h30’-11h00 : Joseph Ntamahungiro

Joseph NtamahungiroComment sortir des génocides et des crimes ethnico-politiques qui endeuillent notre peuple ?

11h-11h30 : Questions réponses 

11h30-12h00 : Café et biscuits

12h00-12h45 : Messe

13h -13h30 : Témoignages

13h30-14h : verre d'amitié (Auberge Espagnole)

Accès par transport en commun :

Bus: Lignes 65 ou 66 : arrêt Madou         Métro : Station Madou

A votre aimable attention :  le Lunch sera constitué par « l’auberge espagnole »

Personnes de contacts :

NTACORIGIRA Victor  0472 28 95 11 : ntacovic2000@yahoo.fr

NTAMAHUNGIRO Joseph   0472 45.69.52 : ndagateka@yahoo.fr

 

21:05 Écrit par victor ntacorigira dans commémorations, Invitation | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

16/11/2011

Leurs scarifications leur auront porté bonheur

 

 

A Mpimba, dans l’enfer burundais

Eric Gillet

Eric Gillet a plaidé en 1992 la cause de «rebelles» entraînés dans une lutte violente contre l’armée. Son combat fut efficace, mais le cauchemar allait renaître.

Mpimba, Burundi, novembre 1992. Une prison comme tant d’autres en Afrique. Style colonial inimitable. Il pleut. Tout est détrempé. L’allure débonnaire du directeur et des gardiens ne laisse rien percer de l’horreur des conditions de détention. Cachots humides et sans lumière, promiscuité et cette horrible incertitude qui accable chaque détenu.

De quoi est-il accusé? Est-il même accusé? Quand sera-t-il jugé? Reverra-t-il jamais les siens? Ici, 450 pauvres hères ont suivi en novembre 1991 quelques chefs dévoyés qui leur ont dit qu’une fois encore les réformes politiques étaient un miroir aux alouettes; qu’une fois encore il faudrait tuer pour ne pas l’être soi-même.

Planche de salut

Persuadés que les scarifications qu’ils s’étaient fait incruster pour la cause les protégeraient des balles de l’armée, ils sont montés à l’assaut de celle-ci. On les appelle d’ailleurs les «assaillants». Mais les balles ignorent les croyances ancestrales. Et les voilà à Mpimba, éberlués, sans savoir.

Leur procès a débuté devant la chambre criminelle de la cour d’appel de Bujumbura. Pas d’avocat. Aucun ne veut intervenir. Passages à la chaîne devant leurs juges. Cinquante et quelques condamnations à mort en un jour.

Emoi de l’opinion publique. On bloque le cours des procès. On cherche un défenseur à l’étranger et l’on arrive chez moi. Voilà pourquoi je suis à Mpimba. Percé moi aussi jusqu’aux os par l’humidité de la petite saison des pluies et les murs pourris de la prison.

Je fais pendant une semaine l’aller et retour entre ce lieu sinistre et le centre ville. Trouver un avocat qui voudra bien intervenir à mes côtés.

Eux ne veulent pas du seul avocat hutu du barreau. Il fut ministre du régime dit tutsi. C’est donc le pire, croient-ils. Les avocats tutsis ne veulent pas se compromettre. Et pourtant il le faut. Bras de fer entre les détenus et moi, et entre moi et mes confrères.

Finalement, on y est. L’un d’eux accepte... et est accepté. Ensemble, nous sommes la seule planche de salut de ces naufragés de l’histoire burundaise.

Un an plus tard, en octobre 1993, le Burundi sombrerait à nouveau, après l’élection euphorique d’un président, et son assassinat traumatique. J’interrogerais droit dans les yeux des lycéens de 15 ans qui avaient, à la machette, abattu un à un tous les réfugiés de l’évêché de Ruyghi. Dans la brume d’un soir idyllique, je verrais dans ces yeux qui mentaient le lieu d’échouage de cent ans de pensée erronée.

Ici, rien de tel. En ce mois de novembre 1992, à la prison de Mpimba, je ne rencontre chez ces paysans illettrés que des regards sans fond, sans points de repère. Ici, pas de mensonge: il n’y a que le reflet d’une société perdue dans sa douleur.

Que sont-ils devenus?

Me voilà donc muni de mon alter ego burundais. Les procès peuvent reprendre. Une première série de vingt. La salle d’audience est bondée d’un public sans souffle. Avec l’intervention d’un avocat européen, l’affaire a pris une dimension internationale. RFI, BBC. Etrange mais habituel changement d’âme d’un événement local qui s’est ouvert au monde. Espoir recouvré des détenus. Que dis-je? Certitude que tout se passera bien désormais. Les juges eux-mêmes transcendés dans une posture de juges à l’européenne.

L’on plaide une journée entière, et ce procès revigore la conscience de ce peuple meurtri. Un tiers acquitté, un tiers condamné à une peine égale à la détention préventive, le dernier tiers libérable dans les douze mois du prononcé.

Les autres détenus ne seront finalement jamais jugés, car l’élection du président Ndadaye les libérera tous. Mais de quelle libération s’agira-t-il? Six mois plus tard, en effet, l’assassinat de ce président plonge le pays dans un cauchemar qui semblera éternel.

Que sont ces clients d’un moment devenus? Ont-ils été à nouveau broyés par la meule aveugle de l’histoire des Grands Lacs?

On voudrait croire que, au bout du compte, leurs scarifications leur auront porté bonheur, qu’elles auront ravivé le réflexe immémorial de survie de ce peuple tant maudit, tant aimé.

 

 

 


 

23:42 Écrit par victor ntacorigira dans Actualités, commémorations, Eric Gillet | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |