09/08/2011

Maintenant,la situation dépasse la limite du tolérable

Lettre ouverte au Président de la République du 22 août 1988

Excellence Monsieur le Président,

Nous venons porter à votre connaissance la prise de position des hutu sur les événements qui sont en train de se dérouler au Burundi depuis le début du mois d’août. Nous nous attacherons ici de relever les contradictions que masque l’information officielle, légitimant ce que nous croyons être un nouveau « Plan Simbananiye » (génocide 1972). Certains d’entre nous avaient bien voulu l’exprimer samedi au cours des réunions du Parti ; mais comme les interventions étaient manifestement programmées à l’avance dans l’intention de consacrer l’attitude extrémiste tutsi dirigée en faveur d’un plan d’extermination qui transparaissait si clairement dans les idées et surtout dans la note finale dans toutes les localités de la capitale, nous nous trouvons dans l’obligation de résumer notre réaction à travers cette lettre ouverte, et nous osons espérer que vous y réserverez une bonne suite. Nous savons d’avance que ceci peut susciter des conséquences, puisque votre entourage risque d’y voir une justification des répressions que nous sentons venir : la Radio vient de l’annoncer par des termes révélateurs comme « ceux entendus depuis dimanche, trahissant le principe même de la transparence que le régime évoque et que le gouvernement vient de réaffirmer alors que des hutu sont déjà massacrés sans procès.

Avant d’entrer dans le vif de la question, nous demandons déjà à la Communauté internationale, en particulier, les missions diplomatiques accréditées à Bujumbura, de suivre de près la situation. Nous tendons la main aux pays voisins, à l’O.U.A., aux organismes du système des Nations Unies, à la Communauté internationale ainsi qu’aux différents organismes humanitaires... de suivre l’évolution des événements et d’intervenir si besoin pour éviter un massacre qui n’est plus caché.

Excellence Monsieur le Président,

Point n’est besoin de détailler le caractère préoccupant de la situation socio-économique difficile qui produit ce triste résultat. Les inégalités et les injustices sociales sont d’une réalité qui semble être cautionnée par le pouvoir en place dans le pays, en dépit des contestations incessantes des esprits progressistes et des promesses du discours politique. Il apparaît bien que les positions acquises depuis plus de vingt ans par la classe dirigeante doivent être sauvegardées, et tous les moyens sont devenus bons à cette fin. Le pouvoir reste régional, clanique et surtout tribal. Or, malheureusement, le Burundi, petit et pauvre, rend difficile le partage du gâteau qui s’amenuise de jour en jour ; cela n’est même plus possible à l’intérieur du groupe des dirigeants au pouvoir fussent-ils d’une même ethnie ou d’une même région. Lorsque cette contradiction, aujourd’hui matérialisée par l’enlisement des dossiers des anciens dignitaires du régime Bagaza coupables de crimes de haute trahison ou de détournements, entraîne une guerre froide entre l’ethnie dirigeante, il se trouve toujours un moyen de chercher les raisons ailleurs et de désigner des cibles. Comme en 1972, après le procès surprise des hommes de Muramvya, la communauté hutu devient « l’ennemi de la Nation » ; il faut la décapiter pour rétablir le dialogue tutsi menacé d’éclatement.

Le discours officiel se trouve, cependant, vite contredit par les faits.

1. Dans les événements de Marangara et Ntega, on parle de réfugiés hutu qui auraient entraîné d’autres à l’intérieur du pays de prendre des machettes et des lances pour massacrer les tutsi. Mais cela fait maintenant plus d’une semaine qu’on connaît les coupables, mais on n’a pas encore dit qui ils sont, comment ils s’appellent, d’où ils sont venus, les noms de ceux qui les aident, etc ; alors qu’on annonce l’ouverture prochaine des procès dans la transparence, on apprend en même temps l’exécution sommaire des intellectuels hutu et on couvre la nouvelle de beaucoup de secret alors que le mensonge surgit à la face du monde. Qui sera par exemple capable de montrer devant les barres Côme Bibonimana, ancien député, et depuis longtemps poursuivi pour avoir dénoncé les statistiques tribales du ministère de l’Éducation et qui vient d’être exécuté avec beaucoup d’autres ?

2. On a vite conclu à une rébellion paysanne inspirée par des intellectuels hutu, or d’après des informations convergeants, les événements qui ont commencé à Marangara au milieu de la première semaine du mois ont une grande explication qu’on n’a jamais dite à travers l’information diffusée par le pouvoir. On signale en effet la présence des militaires du 4e bataillon de Ngozi en manoeuvres dans la localité sans avoir prévenu la population, erreur qui a été notée par les paysans lors d’une « campagne de pacification » et qui a été reconnue par un chef militaire qui a parlé d’un ordre recu « du haut ». Cela se passait plus de dix jours avant le début des massacres. L’histoire dira comment les événements ont dégénérer en conflits sanglants, se déplaçant de Marangara à Ntega pour finalement gagner les communes environnantes. L’information officielle le cache, mais il est sûr que l’avenir le démontrera.

3. Officiellement, on apprend depuis mercredi que le calme est revenu et que la situation est maitrisée, mais le gouvernement instaure en même temps un couvre-feu sur tout le territoire national en priant la population de ne croire qu’à l’information de la Radio nationale. Et quand la presse internationale le dément, on reconnait qu’il y a encore quelques affrontements ! Oui, l’armée a provoqué des tensions ; oui, la même armée a amené la répression dans les campagnes. Des camions ont évacué les familles tutsi de la région vers Ngozi pour les sécuriser, pendant que des blindés, appuyés par des hélicoptères s’attaquaient aux hutu. Les survivants sont parvenus à fuir vers le Rwanda, et il est curieux d’entendre que des hutus exterminent les Tutsis et se comptent en même temps en grand nombre parmi les réfugiés !

4. Comment expliquer que les militaires aient refusé d’intervenir au début desdits massacres alors que leur premier devoir est d’arrêter rapidement tout danger en empêchant toute progression ? Il a fallu attendre quelques jours après pour faire croire à la paix alors que les engins militaires se mettaient à l’action. Cette abstention nous semble être une légitimation de l’agression pour rééditer la répression de 1972. Un montage donc ? Encore une fois, l’histoire le dira. élèves et les étudiants tutsi ont participé à une campagne d’intimidation au niveau national. Les coupables sont connus. Les dossiers sont là. Mais, paradoxalement, ce sont les hutus, forcés de quitter les écoles, sous la menace des couteaux comme ce fut le cas à l’École Technique Secondaire d’Art de Kamenge et des fusils à l’Université. De la même façon, le hutu va faire le drame des massacres actuels. Pourtant, quelques éléments tutsi progressistes et modérés ont souligné dans les réunions du Parti que le problème fondamental du Burundi actuel était essentiellement d’ordre politique et fondé sur les inégalités sociales ; ils ont attiré l’attention du public que la classe dirigeant pourrait être plus responsable que d’autres dans cette affaire.

Excellence Monsieur le Président,

Nous aimons la paix. Contrairement à ce que l’aile extrêmiste tutsi pourrait vous faire croire, seul moyen de maintenir sa place dans l’arène du pouvoir, en perpétrant un génocide nul hutu sensé ne rêve d’exterminer les Tutsis. Bien au contraire ! D’autant qu’il existe d’ailleurs des Tutsis prêts à construire le pays avec les hutus, l’obstacle étant l’absence de dialogue. Maintenant, la situation dépasse la limite du tolérable.

C’est pourquoi, Excellence Monsieur le Président, si vous visez l’objectif d’une paix durable au Burundi, nous vous proposons les quelques solutions suivantes : 1. Suspendre les massacres et les arrestations arbitraires des hutu, 2. Désigner avant la fin de cette semaine une Commission nationale multi-ethnique et représentative chargée d’analyser sans complaisance les mesures structurelles qui s’imposent pour éviter le pire. Nous recommandons qu’on y adjoigne des observateurs extérieurs pour garantir la neutralité de la commission. 3. Voir dans quelle mesure les hutu peuvent être associés à la Défense et à la_ Direction politique de leur patrie. Veuillez agréer, Excellence Monsieur le Président, l’assurance de notre considération très distinguée.

LES SIGNATAIRES

Habonimana Aloys

Sunzu Salvator

Ntabona Venant

Bampigiza Lin

Ndayakire Térence

Ndabashika Benoît

Ngendakumana Patrice

Nziya Zacharie

Niyonzima Alexandre

Busabusa R

Masabo Joseph Martin

Nsanze Augustin

Nsabimana Audace

Ntarataze Daphrose

Vyungimana Fréderic

Ndikumana Léonce

Birabisha Didace

Nyandwi Emmanuel

Hakizimana Déo

Nibogora Oscar

Mbonabuca Térence

Nyabenda Louis

Bahati Constantin

Ndaruhitse Jérôme

Katiyunguruza Gervais

Nshimirimana Pasteur

Ntimbirantije Abel

03/08/2011

23 ème Anniversaire de Ntega et Marangara

23 ème Anniversaire de Ntega et Marangara

 

 

Information :

 

 

Ce samedi 13 août 2011 à 12h 00 précises aura lieu une célébration eucharistique au cours de laquelle sera évoquée la mémoire des victimes de Ntega et Marangara en août 1988.

 

 

Un moment d’échanges et de recueillement sera organisé après la messe.

 

 

Coordonnées utiles :

 

a) Messe :

 

 

Eglise de la Madeleine

"Fraternité de l'Assomption"

 

Rue de la Madeleine

"Entre la gare centrale et la grand-place"

1000 Bruxelles

 

b) Recueillement :

 

Brasserie de la Madeleine

Rue de la Madeleine, 53

1000 Bruxelles

 

c) Contact :

 

Tél./fax:0032-2.514.57.85

 

25/07/2011

Coup de baïonnettes pour un nouvel ordre social

Burundi - Genocide'72 : US and KISSINGER & Burundi'72

AGNEWS thanks Yves Mr. and Yves Geoffrey N.
Sources of these historical documents:
http://www.state.gov/r/pa/ho/frus/nixon/e5/c15651.htm
This document allows Burundian justice or (international) to seize itself of this file. The current Burundian State has from now on an official proof of the “mouth” of the US that a genocide took place in Burundi in 1972 well. Certain characters as “Simbananiye” (still alive) are quoted. Again, it is noticed that FRANCE officially supported the GENOCIDARY REGIME of MICOMBERO. For this 35 birthday of the genocide, downgrading of these documents of the Secretariat of US State for although the genocide of the HUTU of Burundi with good take place.

 

Rapportés par des témoins rentrés en Belgique/Des récits effroyables sur les massacres au Burundi/Les enfants seraient pris dans les écoles pour être exécutés
Dans cette sinistre hiérarchie de la liquidation, ils en étaient, la semaine dernière, à venir enlever dans leurs écoles techniques des élèves de 14 à 17 ans et commençaient à s'en prendre aux femmes et aux jeunes filles. Il y a une huitaine de jours, les estima tions les plus sérieuses du nombre des victimes du génocide allaient de cinquante mille à cent mille. Mais depuis lors le massacre s'est' poursuivi. Notre confrère de la B.R.T., M. Geerts, a vu, à Bujumbura, des captifs étendus en couches super posées dans un camion, emmenés vers le lieu de leur supplice. Une heure après le couvre-feu, chaque soir, il voyait des camions chargés de cadavres roulant en direction du champ d'aviation à proximité duquel une fosse commune se comblait peu à peu de corps.

 Les témoignages se multiplient /La population Hutu du Burundi est l'objet d'une liquidation systématique /Il y aurait entre cinquante et
cent cinquante mille morts

Cependant, les témoins rapportent que la répression contre les Hutus a dépassé en horreur cette révolte. On cite les cas de petits élèves hutus qu'on irait chercher dans les écoles pour les tuer. Des centaines de personnes seraient soumises à des séances de matraquages par des membres des Jeunesses révolutionnaires. Les blessés seraient laissés sur place jusqu'à ce que mort s'ensuive. A Bujumbura, l'armée s'ést emparée d'étudiants hutus et les ai mis à mort dans les camions qui les emportaient, parfois à l'arme blanche. Des professeurs hutus ont également été massacrés. Cette répression systématique ne viserait pas seulement les élites, mais également les éléments hutus qui, au niveau du primaire et du secondaire, en étaient au stade de l'alphabétisation.

  Comment porter secours aux Hutus encore vivants par CÉLINE COSSETTE

On dresse les premiers bilans de l'hécatombe et une horrible arithmétique officielle répartit même les victimes par zones géographiques. Avec toujours un même total 50 000 morts. "En vérité les massacres ont été beaucoup plus importants que ne l'admet la version officielle. Et ils continuent encore avec cependant un peu plus de discrétion." "Selon nos sources, la tuerie aurait fait 200.000 morts et constituerait l'horrible aboutissement d'un plan conçu par un ministre du colonel Micombero, M. Artémon Simbananiye , que l'on retrouve à chaque étape de la répression contre les Hutus. Un "plan diabolique", échafaudé en juillet 1967, visant à amener les deux ethnies (Tutsis 15% et Hutus 85%)à égalité."

 

GÉNOCIDE SÉLECTIF AU BURUNDI
Voici comment Jeremy Greenland décrit le déroulement des opérations de nettoyage: Des Tutsi de l'endroit arrivaient au lieu dit, appréhendaient instituteurs, dirigeants de mouvements ecclésiastiques, infirmiers, fonctionnaires, commerçants, Hutu, et leur faisaient signe de monter dans leurs Land-rovers. Des bandes de Tutsi ratissaient les faubourgs de Bujumbura et emmenaient des camionnées de Hutu vers une destination inconnue. Durant tout le mois de mai et jusqu'à la mi-juin les excavatrices fonctionnaient chaque nuit à Gitega et à Bujumbura, aménageant les fosses communes. Dans les écoles secondaires les maîtres assistaient impuissants aux ratissages d'étudiants ... Ceux qui étaient arrêtés étaient pour la plupart liquidés la nuit même, souvent dévêtus et assommés à coups de trique sous les bâches des camions avant même d'arriver à la prison, puis achevés sur place, à la nuit tombante à coups de gourdins. Il ne fallait pas qu'on gaspille inutilement des cartouches.

Un "Génocide selectif"
("Le Peuple", 29 novembre 1972)
D'après le Père Boon, prêtre beige, professeur à l'université de Bujumbura durant les tragiques événements de mai. dernier, on peut parler de "génocide sélectif ". 150.000 à 200.000 personnes sont mortes, parmi lesquelles toute, élite Hutu (ministres, fonctionnaires, étudiants) et la jeunesse Hutu se voit refuser l'accès aux écoles.

M.Eyskens: "un véritable génocide au Burundi"
(La Cité, 21-22 mai 1972)
Les informations que nous publions, depuis quinze jours, sur les horribles massacres perpétrés au Burundi viennent d' être confirmées par le gouvernement beige.Hier, à l'issue dit Conseil des ministres, M. Eyskens - qui. la semaine dernière déjà, avait souligné le caractère dramatique de la situation - a déclaré que " le gouvernement avait pris connaissance d'informations complémentaires indiquant que le Burundi n'est pas confronté avec une lutte tribale, mais avec un véritable génocide" !

Génocide
(Le Peuple, 25 mai 1972)
C'est M. Eyskens qui, à l'issue du conseil de cabinet de vendredi dernier, parlait de -génocide - un mot qu'un Premier ministre n'emploie pas à la légère. L'ambassadeur belge a été rappelé en consultation. La presse belge publie des témoignages «privés» mais directs, qui tous font état de massacres compris parmi les étudiants et compris parmi les étudiants et les élèves des écoles. Des camions transportent les corps vers les charniers. Les estimations les plus " modérées" font état de milliers de morts, sinon de dizaines de milliers.

Le génocide des Hutus se poursuit dans le plus pur style hitlérien.
C'est ainsi, disent nos correspondants, qu'on casse les membres des victimes pour les faire tomber puis on les achève en les écrasant sous les roues de camions ou encore on les parque dans des camions pour les y tuer par un système d' électrodes dès avant d'aller' les enfouir dans des charniers. Ce ne sont là, que es exemples, entre autres, cités par nos informateurs

Naufrage au Burundi
Ligue Belge pour la Défense des Droits de l'Homme./ Section de Louvain.Septembre 1972 Ed. resp. G. Beauthier, B. Dejemeppe./
On a tué. On a tué tous ceux qui auraient voulu lever la tête on a tué dans les universités, dans les écoles jusqu'au niveau de l'enseignement primaire. On a tué dans l'administration, du Ministre au petit employé. On ne saura jamais combien. Au moins 150,000 personnes, Hutu pour la plupart. Dans ce pays sans statistiques et sans informations libres, comment pourrait-on savoir ? Qu'importe.

TÉMOIGNAGES SUR UN GÉNOCIDE (Le Monde)
Plusieurs lecteurs, témoins des troubles au Burundi, nous adressent des précisions sur les massacres qui, selon le premier ministre belge. M. Gaston Eyskens. ont pris les proportions d'un " véritable génocide " ("le Monde" du 26 mai)... Depuis une semaine, la répression qui fait suite à la rébellion du 29 avril s'est considérablement aggravée. Elle prend l'allure d'une élimination systématique des intellectuels hutus, et, en général, de tous ceux qui savent quelque chose ou possèdent quelque bien. Dans la capitale, les arrestations et les exécutions sommaires se poursuivent. Excités par la Voix de la Révolution, qui encourage « les forces vives de la nation à débusquer les ennemis du peuple »,les Tutsis, surtout les membres du parti Uprona, dénoncent tous les Hutus qu'ils connaissent, collègues de travail, subordonnés, supérieurs, voisins, condisciples... Quarante-cinq noms figuraient sur la liste des arrestations, mais une vingtaine d'élèves en fuite n'ont pas répondu à l'appel.

 UN JOURNALISTE BELGE CONFIRME QU'UN VERITABLE GENOCIDE A LIEU ACTUELLEMENT AU BURUNDI

Le journaliste a affirmé que des camions ont transporté de nombreux corps qui ont été inhumés près de Bujumbura. Même des étudiants de 15 ans auraient été exécutés, selon lui. A l'issue du Conseil de cabinet de vendredi dernier, on s'en souvient, le Premier ministre, M. Eyskens, avait déclaré que la situation au Burundi était particulièrement alarmante et qu'on était, en réalité, confronté à un gigantesque génocide.

 La répression contre les Hutus'est déchaînée le 7 mai après un appel lancé à la radio (Source: La Libre Belgiques,29-05-1972)
Les événements qui se sont déroulés et se dérouleraient encore au Burundi, apparaissent d'une extrême gravité. En dépit du black-out systématique imposé par les autorités, on commence à avoir des détails - grâce aux témoignages d'Européens qui ont quitté le pays récemment - sur le véritable génocide que l'armée, la police, les militaires du parti unique et la « jeunesse révolutionnaire » ont entrepris à l'encontre des Hutu.

 La répression contre les Hutu

Un appel à la radio : Le dimanche 7 mai, au matin la radio a annoncé que les tribunaux militaires, ayant siégé le samedi, avaient prononcé plusieurs condamnations à mort sans en préciser le nombre et que les jugements avaient été aussitôt exécutés. Mais la radio a demandé aussi aux militants du parti unique, l'UPRONA, et à la "jeunesse révolutionnaire RWAGASORI" de demeurer vigilants, d'arrêter tous les suspects, au besoin de les désarmer et de les livrer aux autorités militaires...Le dimanche matin, aussitôt après l'appel lancé par la radio, la jeunesse révolutionnaire et les militants du parti ont procédé à des arrestations dès la sortie de la messe dans plusieurs localités. lis ont également arrêté, dans les hôpitaux, des infirmières, et des médecins africains. L'un d'eux a été battu à mort. Lorsque sa femme, mère de huit enfants, est venue proposer un matelas pour son mari, les gardes lui ont dit qu'il n'en avait plus besoin.

Selon le secrétaire de l'O. N. U.: «Les dimensions de la tragédie au Burundi sont effarantes»/Les efforts de développement ont été gravement affectés

« Le gouvernement du Burundi lui-même, indique le rapport, a informé la mission spéciale que quatre-vingt mille personnes avaient trouvé la mort depuis le 29 avril, et que cinq cent mille autres, parmi lesquelles cinquante mille veuves et des dizaines de milliers d'orphelins, étaient en proie à de graves souffrances et avaient besoin d'une assistance humanitaire. La mission spéciale a également été informée que quarante mille personnes environ avaient cherché refuge au Ruanda, en Tanzanie et au Zaïre, pays voisins du Burundi. »

TÉMOIGNAGES : L'extermination d'une ethnie (Le Monde, 01/06/1972)

L'E.N.S. (2) a perdu soixante élèves (tous Hutu), l'U.O.B. (3) cent étudiants (tous Hutu). Le massacre continue. Par camions entiers on charroie, nuit et jour, des cadavres. On arrête tous les « suspects». On les oblige à se dévêtir. On les fait coucher à plat ventre, les mains derrière la nuque. On les cogne à coups de crosse, de bâton, de pierres. On les torture. Puis on les transperce à la baïonnette. Les bulldozers font le reste.Sans parler des innombrables règlements de comptes ! Dans les écoles, les élèves tutsi assassinent leurs camarades à coups de pierres, de machette, de bâton...La J.R.R., constituée en groupes d'autodéfense, «ratisse» les collines, tue les gens, incendie les fermes.

Des massacres du Burundi - A la prison de Bujumbura,les prisonniers sont exposés au soleil jusqu'à ce que mort s'ensuive ( Le Soir, 25.05.1972)Passant outre à la consigne du silence qui leur avait été donnée par le représentant diplomatique de la Belgique à leur départ de Bujumbura, des ressortissants belges récemment rentrés du Burundi témoignent de l'ampleur du génocide des Hutus mené par les Tutsi, dont une des cinq grandes familles du pays détient actuellement le pouvoir. Il s'agit du groupe des Bahimas du Sud, par ailleurs mal considéré, rapporte-t-on, par les autres grandes familles, royales celles-là.

Le sénateur Edward Kennedy alarmé par les évènements sanglants au Burundi./WASHINGTON. - Le sénateur Edward Kennedy, qui est président de la sous-commisslon sénatoriale pour les réfugiés a demandé ait secrétaire d'Etat, M. William Rogers, de faire preuve publiquement d'une certaine inquiétude au sujet des tueries et des réfugiés, au Burundi.Le sénateur démocrate du Massachusetts a déclaré, devant le Sénat: "Il est désolant de voir qu'après plusieurs semaines de carnage au Burundi, il ne semble toujours pas y avoir de manifestations sérieuses d'inquiétude de la part de certains gouvernements, y compris le nôtre"

Burundi: ce n'est pas fini /Signalons d'autre part que des informations fraîches en provenances du Burundi font état de nouveaux massacres de Hutus.L'indignation dans les pays limitrophes du Burundi est telle que certains se demandent si les présidents Mobutu Sese Seko' (Zaïre) et-Nyerere, ne seront pas amenés à ne concerter pour exercer une pression déterminante sur le ,régime de Bujumbura. Mobutu choqué Le président Mobutu Sese Seko a été choqué, dit-on, d'apprendre qu'il avait été mal informé par M. Simbananye lors de la demande d'assistance militaire burundaise.


Sous la pression de leur gouvernement : Les étudiants hutus du Burundi sont obligés de quitter l'École royale militaire
La persécution des Hutus, leur écartement de la vie sociale et de la vie tout court, se poursuivent au Burundi
en défit des déclarations périodiques de la " Voix de la révolution"; qui annonce le retour au calme, la réconciliation, le pardon.Au moment où la radio de Bujumbura déclarait que le' Procureur général de la République, M. Philippe Minani, avait pris des mesures visant à restaurer l'unité nationale telles que des restitutions de biens aux familles des personnes condamnées, on apprenait que les élèves-officiers hutus de l'Ecole militaire belge devaient quitter cette école de par la volonté expresse du gouvernement du Burundi qui voulait aussi leur extradition. (Voir "La Cité" du 2 octobre). Un grand émoi s'était même manifesté parmi les professeurs et étudiants belges qui craignaient que leurs camarades hutus ne soient ramenés en avion de force et, ainsi, envoyés à la mort.

1972-1997: maccabre anniversaire d'un génocide qui continue

En 1972, le Premier Ministre belge, Gaston EYSKENS, fut le premier Chef de Gouvernement étranger à qualifier cet acte innommable de « GENOCIDE ». Celui-ci n'épargna personne: des ecclésiastiques, aux simples fidèles, des militaires aux civils, des cadres politiques aux enfants d'écoles primaires,... Tous furent touchés ou prirent le chemin de l'exil. Pour couronner le tout, les autorités politiques burundaises expulsèrent tous les témoins étrangers gênants, spécialement des missionnaires et des coopérants.

 

 

00:51 Écrit par victor ntacorigira dans Communiqués, les journaux, Rapport, Témoignages | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |