21/09/2011

Dans la lettre pastorale,les évêques écrivirent....

   
 

Le Burundi est devenu indépendant le 1er juillet 1962. Au cours des années suivantes, cinq gouvernements se succédèrent. Une tentative de coup d'État, en octobre 1965, se solda par un échec et fut suivie par une purge des hutu servant dans l'armée et dans l'administration. En juillet 1966, le capitaine Michel Micombero créa un gouvernement de salut public. Pendant 10 ans, il réagit avec détermination et cruauté à tous les complots, vrais ou présumés et d'habitude attribués aux hutu.
Terribles furent, en particulier, les mesures répressives adoptées lors de l'insurrection éclatée le 29 avril 1972. Le 8 mai, le gouvernement annonça à la radio que la rébellion était sous contrôle. Toutefois, pendant des mois, la chasse aux rebelles, à leurs familles et amis, continua. Des étudiants, des professeurs, des catéchistes, et même des tutsi sympathisants avec les hutu disparurent. La radio annonça triomphalement qu'ils avaient été balayés au nom de la sécurité d'État.
Beaucoup a été écrit sur ce massacre. Dans le
Dossier Burundi publié par le Secrétariat permanent du Clergé, on dit que la répression fut brutale. Bien des gens moururent sans savoir pour quelle raison. La Délégation spéciale envoyée à Bujumbura par l'ONU déclara dans son rapport que «la tragédie humaine vécue par le Burundi était difficile à évaluer en chiffres. Selon le Gouvernement Burundais, les morts avaient été 80.000". D'autres sources parlèrent de plus de 100.000.
Des semaines de terreurs. La radio répéta souvent des appels à la population pour qu'elle aide les militaires à enterrer les morts, trop nombreux. «Chaque nuit, dans le Quartier résidentiel, on peut entendre les cris de ceux qui sont torturés. Chaque soir, parfois avant même le couvre-feu, on peut voir des camions pleins de corps que les militaires ne prennent plus la peine de couvrir. En moyenne, une demi-douzaine de camions pleins de cadavres passent chaque jour. On les décharge sur la route de Cibitoke, au nord de Bujumbura».
Dans une Lettre Pastorale, les évêques écrivirent: "Pour la première fois dans l'histoire du Burundi, une guerre civile de nature ethnique a atteint des proportions si grandes que le pays tout entier a été noyé dans le sang. Nous pouvons l'affirmer sans crainte d'exagérer: tous les Burundais ont perdu quelques membres de leurs familles".
Une tragédie qui demeure inexplicable sous beaucoup d'aspects. «Ce ne fut pas une guerre civile au sens strict du mot, écrit un autre témoin. De fait, ce ne fut qu'un petit groupe d'extrémistes qui voulaient anéantir un peuple résigné, qui s'est laissé tuer avec un fatalisme incroyable. Intellectuels et paysans, sans distinction, se laissaient prendre et tuer comme des moutons, sans réagir». «C'est probablement la seule atrocité dans l'histoire africaine récente qu'on pourrait appeler, sans exagérer, génocide».
Sauf Francois Xavier Muteragiranwa, tous les abbés dont on parle dans ces pages appartenaient à l'ethnie hutu. Certains d'entre eux représentaient l'espoir de leurs diocèses et de l'Eglise du Burundi. Que leurs noms vivent dans les mémoires, avec ceux de tous les Religieux, des chrétiens et des milliers de gens disparus dans les fosses communes. Parmi eux, environ 2100 enseignants et catéchistes, 60 étudiants universitaires, 650 étudiants de niveau secondaire...

Barampama André  + 15.05.1972

Bivanda Melchior  + 15.05.1972

Gahungu Marc  + 15.05.1972

Gakwavu Martin  + 15.05.1972

Gihimbare Gabriel  + 13.12.1964

Girukwibonye Sébastien  + 1972

Hakizimana Astère  + 15.05.1972

Karenzo Théophile  + 1972

Kayehe Pascal  + 1972

Kayoya Michel  + 17.05.1972

Muteragiranwa F. Xavier  + 10.05.1972

Ndarukerege Gervais  + 15.05.1972

Ndigiriye Emile  + 1972

Ngeza Gabriel  + 02.05.1972

Nikoyagize Joseph  + 15.05.1972

Nsaguye Jérôme  + 15.05.1972

Ntirampeba Paul  + 15.05.1972

Nzeyimana Donatien  + 15.05.1972

Ruhaya Protais  + 15.05.1972

Samandari Thomas  + 15.05.1972

Simbandumwe Marcel  + 15.05.1972

22:51 Écrit par victor ntacorigira dans Actualités, Eglise du Burundi, Rapport, Témoignages | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |